vendredi 9 mai 2008

11 MAI - DIMANCHE DE LA PENTECÔTE.

Première Lecture : Livre des Actes des Apôtres. ( Ac 2, 1-11)

Deuxième Lecture : Première Lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens. ( 1 Co 12, 3b-7. 12-13)

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean. ( Jn 20, 19-23)

____________________

Homélie du Père Alain REBOUR.

_____________________

Nous fêtons aujourd'hui la Pentecôte chrétienne et les trois textes que nous venons d'entendre rappellent tous le don de l'Esprit Saint par Jésus, don dans lequel notre Eglise trouve son origine.

La tentation peut être grande, en effet, de fêter cette Pentecôte uniquement comme un événement du passé, comme on fête la victoire de novembre 1918 ou de mai 1945.

Or, la Pentecôte est aussi un événement d'aujourd'hui. C'est aujourd'hui et chaque jour, que l'Esprit nous est donné pour transformer le monde dans lequel nous vivons. Dans cette perspective, les textes qui viennent d'être proclamés insistent sur trois urgences qui doivent motiver les chrétiens dans notre société.

* * * * *

Première urgence : passer de l'immobilisme au dynamisme.

Après la mort du Christ, les Disciples se referment sur eux-mêmes à cause de la peur, à cause de ce qui leur parait être un échec total de leurs relations avec Jésus. L'Evangile précise même qu'ils avaient vérouillé les portes du lieu où ils se trouvaient.

Or, avec la Pentecôte, voilà qu'ils sortent dans la rue et qu'ils se mettent à parler sans peur et sans retenue.

Les échecs sont souvent ainsi, en effet, source de repliement sur soi-même, et lorsque, comme actuellement, les difficultés abondent dans la transmission de la foi, les chrétiens sont tentés de vivre leur foi pour eux-mêmes et de ne plus la dire aux autres.

Dans ce cas, fêter la Pentecôte, c'est manifester la volonté de REDIRE DIEU à nos contemporains, car Dieu est absent de plus en plus de notre civilisation, non pas parce qu'il s'est absenté, amis parce que nous ne manifestons pas suffisamment sa présence. Redire Dieu, c'est certes parler pour lui et de lui, mais c'est surtout témoigner de lui, joyeusement et amoureusement.

* * * * *
Deuxième urgence : passer d'une société d'incompréhension à une société de communication.

Dans le récit de la Pentecôte, à la première lecture, le texte insiste sur le fait que les auditeurs des Apôtres, venant de pays divers et de cultures différentes, les entendaient pourtant parler dans leur propre langue.
La question est extrêmement importante car l'incompréhension entre les hommes est toujours source de violence. Le rapport de forces l'emporte souvent sur l'écoute et sur la discussion.

C'est ainsi que incompréhension et violence sont parmi nous dans le quotidien de nos jours : couples qui se déchirent, enfance maltraitée, bagarres, drogue et racket dans les écoles et dans les rues, meurtres pour les motifs les plus futiles, terrorisme et guerre entre les peuples et les nations . . .
Dans ce cas, fêter la Pentecôte, c'est passer d'un accommodement aux conflits à la décision de ne plus accepter, chez soi, et autour de soi, que la force l'emporte sur le dialogue. La Pentecôte, c'est aussi vouloir REMODELER LE MONDE.

* * * * *

Troisième urgence : passer de communautés chrétiennes cloisonnées à des communautés ouvertes les unes aux autres.

C'est l'apôtre Paul, à la seconde lecture, qui nous alerte sur ce point : "Les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit. Les fonctions dans l'Eglise sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur. Nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps."

C'est un penchant naturel à l'homme de vouloir vivre dans son pré carré. Les récentes mutations qui ont transformé les anciennes paroisses en communautés locales, unies entre elles dans une nouvelle paroisse qui les rassemble toutes, ces récentes mutations demandent des efforts d'ouverture, de déplacements, d'échanges.

Fêter la Pentecôte, dans cette perspective, c'est prendre de recul envers un passé qui nous marque encore en profondeur, afin de REINVENTER LA VIE EN EGLISE pour demain.

* * * * *

REDIRE DIEU à nos contemporains,


REMODELER LE MONDE qui est le nôtre,


REINVENTER LA VIE EN EGLISE pour demain.

Voilà trois urgences qui s'offrent à nous. Ce sont aussi trois manières de fêter la Pentecôte, non plus uniquement comme le souvenir d'un événement passé, mais comme un événement actuel, un événement de notre propre vie.

C'est possible, puisque l'Esprit nous est donné.

mercredi 30 avril 2008

4 MAI - 7ème DIMANCHE DE PÂQUES

Première Lecture : Livre des Actes de Apôtres. ( Ac 1, 12-14)

Deuxième Lecture : Première lettre de saint Pierre Apôtre. ( 1 P 4, 13-16)

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean. ( Jn 17, 1-11)

____________________

Homélie du Père Alain REBOUR.

____________________

Dans l'Evangile qui vient d'être proclamé, le mot " MONDE " est utilisé par l'évangéliste Jean de deux manières différentes. Tantôt il signifie l'ensemble de la création et l'humanité en particulier, comme dans la phrase "Donne-moi la gloire que j'avais auprès de toi avant la création du monde." Tantôt, il désigne ce qui est hostile à Dieu, comme dans la phrase "Ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés."

C'est cette dernière perspective qui motive l'appel que Jésus adresse à chacun et à son Eglise pour transformer la société dans laquelle nous vivons.

Dans ce but, à l'Evangile d'aujourd'hui, Jésus donne deux mots pour nous aider à notre réflexion : connaître et glorifier.

  • Connaître et faire connaître Dieu.
  • Glorifier Jésus Christ, Fils de Dieu.

* * * * *

D'abord, connaître et Faire connaître Dieu.

"La vie éternelle, dit Jésus, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu." Il y a une grande différence entre SAVOIR et CONNAÎTRE.

SAVOIR concerne davantage les choses de la vie et les événements de l'histoire. SAVOIR englobe ainsi tout ce qui concerne les sciences humaines. CONNAÎTRE, lui, concerne davantage la relation aux personnes. Je connais bien, ou je connais mal quelqu'un.

La démarche de foi qui est proposée aux chrétiens privilégie justement les relations avec Dieu. Il s'agit de mettre notre confiance en quelmqu'un que nous appelons Dieu, et la condition élémentaire pour y parvenir c'est de toujours mieux le connaître tel qu'il est.

Tel qu'il est et non tel que nous l'imaginons.

C'est pourquoi, au cours de l'histoire Dieu n'a pas cessé de se révéler, d'abord par les prophètes d'Israël, ensuite par son Fils Jésus Christ. Et la découverte qui en résulte, c'est que Dieu est Amour.

C'est dans cette perspective que le mot "GLORIFIER" prend toute sa signification. Glorifier Dieu, c'est, sachant qu'il est amour, vouloir vivre en fonction de cet amour. Je glorifie Dieu, non pas avec des paroles, mais par des actes, comme Jésus a glorifié le Père en acceptant de donner sa vie pour remplir sa mission.

* * * * *

La Journée Chrétienne de la Communication que nous célébrons aujourd'hui, s'appuie justement, en effet, sur ces deux réalités : connaître et vivre.

Le but de tous les médias, en général, qu'il s'agisse de télévision, de radio, de journaux et de magazines, de cinéma, d'internet, etc . . , leur but est d'approcher de la vérité, et de la répandre.

Mais voilà, qu'est-ce que la vérité ?

Dans l'ordre du CONNAÎTRE, les médias chrétiens veulent aider les auditeurs et les lecteurs chrétiens à chercher la vérité à la lumière de la foi, et ceci en posant des questions : Ce qui est dit est-il toute la vérité ? N'y-a-t-il pas une approche différente à mettre en oeuvre ? Que dit Jésus sur tel ou tel aspect de l'existence ? etc . . .

Dans l'ordre du VIVRE le rôle des médias chrétiens est d'aider les uns et les autres à prendre leurs décisions en fonction de leur foi, et ceci dans tous les domaines : éthique, politique, économique, social, culturel, etc . . . Les médias chrétiens sont ainsi un outil indispensable pour celui ou celle qui veut remplir la mission confiée à chaque baptisé par Jésus Christ.

C'est ainsi qu'au niveau national, en France, il y a en télévision, l'émission du dimanche matin sur France 2 et une chaîne catholique KTO que l'on peut capter par satellite. De nombreux journaux et revues, de sensibilités chrétiennes les plus diverses sont publiées également sur tout le territoire de la France.

Dans notre Diocèse, nous avons une radio chrétienne RCF Alpha, une émission télévisée sur Rennes T.V., un site internet diocésain, des journaux paroissiaux, un centre d'exposition, l'Autre Rive, à Rennes, etc . . .

Au Pays de Brocéliande, en plus du Bulletin Paroissial, deux sites internet ont été créés:

  • un site culturel : abbaye de paimpont
  • un site religieux : chretiens-a-paimpont

D'autre part, tout l'été, un gros effort est fait dans l'abbatiale dans la réalisation d'expositions et dans la gérance d'une librairie. Tous ces efforts demandent des engagements de personnes pour lesquelles nous sommes invités à prier aujourd'hui. Merci à ceux qui sont engagés dans cette entreprise. Ces efforts demandent aussi un soutien financier important. La journée du 4 mai est justement organisée dans ces deux directions.

* * * * *

Faire connaître Dieu tel qu'il est, et proposer de vivre comme il le désire, tel est l'appel adressé à chacun en cette Journée Chrétienne de la Communication. Les médias d'aujourd'hui sont des outils indispensables dans notre monde actuel pour remplir la mission qui nous est confiée. Avec les milliers de visiteurs qui viennent chaque année ici, Paimpont est en première ligne.

Cela concerne donc

chacun d'entre nous.

jeudi 24 avril 2008

1er MAI - ASCENSION DU SEIGNEUR

Première Lecture : Commencement du livre des Actes des Apôtres. ( Ac 1, 1-11)

Deuxième Lecture : Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens. ( Ep 1, 17-23)

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu. ( Mt 28, 16-20)

____________________

Homélie du Père Alain REBOUR.

____________________

La fête de l'Ascension se célèbre quarante jours après la résurrection. Mais, seuls les Actes des Apôtres font état de cette durée. En réalité, dans la Bible, le nombre 40 est un nombre symbolique : 40 jours de déluge - 40 ans d'Israël dans son Exode - 40 jours de Jésus au désert, etc . . .

Quarante, dans la Bible, c'est toujours le temps d'une maturation, d'une mutation, d'une nouvelle naissance. Ici, c'est l'Eglise qui va naître. Une phrase des Actes des Apôtres va guider notre réflexion aujourd'hui :

" Ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée."

* * * * *

ILS LE VIRENT S'ELEVER

Il s'agit naturellement d'une image, d'ailleurs lourde de signification. Il faut bien faire la différence, en effet, entre le ciel cosmologique et le ciel théologique.

Le fait d'appeler ciel - en même temps - la stratosphère terrestre et le séjour de Dieu peut provoquer la confusion. Car Dieu n'est pas localisable. Il ne dispose pas, dans la création, d'un territoire où habiter. Par conséquent, l'Ascension n'est pas un déplacement dans l'espace. Le ciel cosmologique n'est pas le lieu de prédilection de la présence divine.

Le ciel théologique - c'est-à-dire le ciel où Dieu réside - se trouve partout, aussi bien au-dessus qu'en-dessous. Si on veut dire quelque chose de la localisation de Dieu dans l'univers, il faut dire qu'il est tout proche et qu'il nous appelle à vivre avec lui.

Mais, pour y parvenir, il nous faut nous élever au-dessus de notre vie quotidienne pour le rejoindre, car, étant Dieu, il nous domine et nous invite à monter pour le rejoindre. Monter, c'est-à-dire nous dégager de tout ce qui encombre notre existence, pour accéder à une vie meilleure.

C'est ainsi que, nous aussi, nous avons à faire ascension, nous avons à "ouvrir notre coeur à sa lumière, dit Paul à la seconde lecture, pour nous faire comprendre l'espérance que donne son appel." L'Ascension de Jésus est une invitation qu'il nous adresse pour le rejoindre dans le quotidien de nos jours, là où il est avec nous et cela demande que nous nous élevions pour le rejoindre.

* * * * *

ILS LE VIRENT DISPARAITRE

L'événement de l'Ascension nous dit qu'après la Résurrection, le corps de Jésus est devenu invisible. Déjà, les apparitions du Ressuscité disaient aux disciples que cette invisibilité était le propre d'un corps ressuscité. Les rencontres qu'il a eues avec les siens, au cénacle, sur la route d'Emmaüs, près du lac de Galilée, etc . . . ces rencontres avaient pour but, certes, de dire qu'il était vivant, mais aussi de préparer ceux qui l'avaient suivi, à ce qu'un jour il disparaisse complètement. L'Ascension, c'est la fin des apparitions. Un autre mode de présence a commencé ce jour-là.

Car, si Jésus a choisi de disparaître, il a choisi aussi d'apparaître. S'il a inauguré, ce jour-là, le temps de son absence, il a aussi inauguré, ce jour-là, le temps d'une nouvelle présence. Il s'est donc donné un autre corps visible : ce corps qui est l'Eglise.

C'est nous qui, désormais, faisons apparaître Jésus au monde. C'est nous qui le rendons visible à nos contemporains, ce que Paul, toujours à la seconde lecture, affirme avec assurance : " Dieu a fait de Jésus la tête de l'Eglise qui est son corps, et l'Eglise est l'accomplissement total du Christ."

Si, avec le verbe S'ELEVER, nous sommes invités à nous élever nous aussi au-dessus de nous-mêmes, avec les verbes DISPARAÎTRE et APPARAÎTRE, nous sommes invités à nous déplacer à travers l'espace pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ à toute l'humanité. C'est là que l'Evangile de ce jour trouve toute son importance : " De toute les nations faites des disciples."

S'ELEVER, DIMENSION VERTICALE DE LA FOI,

SE DEPLACER, DIMENSION HORIZONTALE DE LA MISSION.

* * * * *

La fête de l'Ascension est ainsi une fête de l'espérance pour tous les hommes, car elle dévoile l'avenir qui leur est offert. Elle nous apprend le destin inscrit dans tout être humain : Le Christ a préparé à chacun une place dans la Maison du Père.

Pour cela, Jésus a disparu physiquement du lieu de son séjour sur la terre, pour pemettre à tous ses disciples, à travers les siècles, de le faire apparaître chaque jour dans tous les lieux de l'univers.

L'ascension du monde ne se fera pas sans nous.

27 AVRIL - 6ème DIMANCHE DE PÂQUE

Première Lecture : Livre des Actes des Apôtres. ( Ac 8, 5-8, 14-17)


Deuxième Lecture : Première lettre de saint Pierre Apôtre. ( 1 P 3, 15-18)

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean. ( Jn 14, 15-21)

_____________________

Homélie du Père Alain REBOUR.

____________________

Poursuivant notre parcours pascal de mort et de résurrection, c'est-à-dire de conversion, nous sommes invités par les textes de la messe, aujourd'hui, à une réflexion sur nous-mêmes en tant que disciples de Jésus Christ.

Dans cette perspective, trois verbes nous sont donnés pour servir d'appui à notre méditation.

Trois verbes : ETRE - DIRE - FAIRE.

Premier verbe : ETRE.

Le discours de Jésus à l'Evangile est sans ambiguïté. Il met l'accent sur l'intériorité dans laquelle nous sommes entraînés avec lui, parce que nous sommes dans le Christ et que le Christ est en nous. " Vous êtes en moi et moi en vous" dit Jésus à ses disciples.

Intériorité à la fois individuelle et collective.

Individuelle : Jésus vit en chaque croyant, et cela depuis le baptême.

Collective : Jésus vit dans son Eglise rassemblée.

Mais les deux sont inséparables. Dieu habite en chacun dans la mesure où chacun fait corps avec les autres. Nous sommes habités par Dieu dans la mesure où nous acceptons de vivre avec nos frères.

C'est l'esprit de Jésus qui permet de vivre cette double intériorité, parce que, depuis notre baptème, son Esprit nous est intérieur, et cet Esprit est avant tout un Esprit d'amour. En effet, quand Jésus dit à l'Evangile d'aujourd'hui : " Vous resterez fidèle à MES commandements" ou encore "Celui qui a reçu MES commandements et y reste fidèle", il insiste sur le "MES" des commandements. Or, les commandements qu'il a jamais rappelés c'est l'amour de Dieu et l'amour des autres, commandements qu'il juge essentiels à la vie en lui.

C'est bien cette intériorité de Jésus en chacun et en son Eglise par son Esprit, qui est la source de notre ETRE chrétien.

* * * * *

Deuxième verbe : DIRE.

Si nous prenons conscience que réellement Dieu nous est intérieur, nous ne pouvons pas taire cette richesse. Il nous faut la dire aux autres. C'est ce que souligne l'Apôtre Pierre à la seconde lecture : " Vous devez toujours être prêts à vous expliquer, devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous."
Expliquer - rendre compte. Autrement dit : révéler pourquoi nous croyons, donner les motifs qui nous poussent à croire et à vivre notre foi.
D'où cette question : Sommes-nous capables d'expliquer, en quelques mots, ce qui est ainsi le moteur de notre vie.



* * * * *

Troisième verbe : FAIRE.

L'exemple de Philippe, à la première lecture, est un exemple pour nous tous à travers un mot magique, le mot "signes". " Les foules s'attachaient à ce que disait Philippe, car tous entendaient parler des signes qu'il accomplissait."
Certes, il ne nous est pas donné, comme à Philippe, de guérir les malades et de délivrer les possédés. Mais il nous est possible de mener une vie de partage, de solidarité, de communion fraternelle au nom du Dieu de douceur et de pardon. En effet, le Dieu de liberté que nous proclamons, sera connu seulement à travers l'image que nous en donnerons.
* * * * *

Deavant les difficultés que connaît aujourd'hui notre quête spirituelle, face à la recherche absolue du bien-être matériel, face à l'ouverture de la société à des contre-exemples caricaturaux, répandus par les médias de masse, il ne peut y avoir qu'une dérive de repères.

Mais céder à la peur ou au découragement reviendrait à douter de Jésus Christ. Or Dieu est toujours présent au centre de l'histoire et nous savons depuis le matin de Pâues, que l'amour vaincra un jour.

C'est pourquoi, résolument, il nous faut cultiver en nous, avec Jésus Christ,




L'ETRE,

LE DIRE,

LE FAIRE.

dimanche 20 avril 2008

LA BIBLE EN QUESTIONS 6

PLACE DE LA BIBLE

DANS

LA VIE CHRETIENNE.

__________

L'événement pascal de Jésus Christ est au centre de la vie chrétienne. Par sa mort et sa résurrection, en effet, Jésus Christ a apporté le salut aux hommes , en les entraînant à sa suite vers leur propre résurrection.

Mais la foi dans ce mystère pascal n'est pas d'abord d'ordre intellectuel, comme l'adhésion à une philosophie ou à des valeurs. Elle est d'abord l'entrée dans une histoire, l'histoire des relations entre Dieu et les hommes. Dieu est quelqu'un et ce quelqu'un a tout fait et fait encore tout pour que les êtres humains vivent sa vie.

Si l'événement pascal est ainsi l'accomplissement du dessein de Dieu sur le monde, accomplissement réalisé dans la mort et la résurrection du Fils de Dieu, cet accomplissement n'est pas un événement inopiné. Il a connu bien des siècles auparavant une préfiguration et une préparation, à travers l'événement pascal vécu par un peuple particulier, les Hébreux, dans l'exode qui les conduisait en Egypte vers la terre de Canaan, qui allait devenir Israël.

De la même manière, le mystère pascal ne s'arrête pas avec la mort et la résurrection de Jésus Christ, un jour du Temps. Il se prolonge dans son actualisation perpétuelle à travers les siècles et les continents. Les chrétiens continuent de vivre de ce mystère dans l'Eglise de Jésus Christ qui a pour mission de conduire tous les hommes jusqu'à la résurrection.

Où les chrétiens peuvent-ils puiser, pour prendre conscience, à la fois, du passé et du présent du salut, sinon dans la Bible, ce livre qui en retrace les étapes et qui permet à chacun de vivre intensément l'aujourd'hui de Dieu ?

Trois parties dans notre parcours :

  • La préparation du salut,
  • L'accomplissement du salut,
  • L'actualisation du salut.

1.


LA PREPARATION DU SALUT


L'ANCIENNE ALLIANCE.


1 - LES EVENEMENTS

Tout commence au 13ème siècle avant Jésus Christ.

Les descendants des Patriarches sont en Egypte et vivent une sorte de servitude au service des pharaons. Ils sont malheureux et Dieu, par l'intermédiaire de Moïse, va entreprendre de les délivrer. Après bien des difficultés, le jour du départ est organisé.

En réalité, deux événements se suivent à 50 jours d'intervalle et on ne peut pas les séparer, si on veut bien comprendre le dessein de Dieu. Il y a :

  1. La libération extérieure des Hébreux et la Pâque réalise cette libération,

  2. La libération intérieure de ces mêmes Hébreux et l'Alliance est l'intrument de cette libération, ( 50 jours après, c'est-à-dire à la Pentecôte).

1 - LA LIBERATION EXTERIEURE ou LA PÂQUE

Les éléments de cette libération sont décrits dans le livre de l'Exode, dans deux textes précis :

Premier texte : Les dispositions avant le départ.

" Le Seigneur dit à Moïse et à Aaron dans le pays d'Egypte : Ce mois sera pour vous le premier des mois. C'est lui que vous mettrez au commencement de l'année. Parlez ainsi à toute la communauté d'Israël : Le 10 de ce mois, que l'on prenne une bête par famille, une bête par maison. Vous choisirez la bête d'après ce que chacun peut manger. Vous aurez une bête sans défaut, mâle, âgée d'un an. Vous la prendrez parmi les agneaux et les chevreaux. Vous la garderez jusqu'au 14ème jour de ce mois. Toute l'assemblée de la communauté l'égorgera au crépuscule. On prendra du sang. On en mettra sur les deux montants et sur le linteau de la maison où l'on mangera.

On mangera la chair cette nuit-là. Mangez-là ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous la mangerez à la hâte. C'est la Pâque du Seigneur. Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang. Je passerai au-dessus de vous et le fléau destructeur ne vous atteindra pas, quand je frapperai le pays d'Egypte." ( Ex 12,1 )

Deuxième texte : Le passage de la mer.

Les Hébreux quittent leurs maisons et prennent la route vers l'est, vers Canaan, mais ils sont poursuivis par les Egyptiens. Ils arrivent devant la Mer des Joncs et sont sur le point d'être rejoints.

" Alors, dit la Bible, Moïse étendit la main sur la mer. Le Seigneur refoula la mer toute la nuit par un vent d'est puissant et il mit la mer à sec." ( Ex 14,21 )

Les Fils d'Israël passent la mer à pied sec et les chars égyptiens s'enlisent dans les marais, le vent ayant cessé.

2 - LA LIBERATION INTERIEURE ou L'ALLIANCE (Pentecôte)

Si Dieu libère les siens du poids des Egyptiens sur leur vie quotidienne, c'est aussi pour les amener à une autre libération. Il veut les libérer du poids du péché sur leur vie intérieure. C'est au pied du mont Sinaï que l'annonce de cette libération va se faire.

Deux textes également :

Premier texte : Le contenu de l'Alliance.

" Dieu prononça ces paroles : C'est moi le Seigneur ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude. Aussi :

  1. Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi.
  2. Tu ne fera pas d'idole, ni rien qui se trouve au ciel, là-haut, sur la terre, ici-bas, ou dans les eaux, sous la terre.
  3. Tu ne prononceras pas à tord le nom du Seigneur.
  4. Que le jour du sabbat on fasse un mémorial en le tenant pour sacré.
  5. Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.
  6. Tu ne commettras pas de meurtre.
  7. Tu ne commettras pas d'adultère.
  8. Tu ne commettras pas de rapt.
  9. Tu ne témoigneras pas faussement contre ton prochain.
  10. Tu n'auras pas de visée sur la maison de ton prochain, ni sur la femme de ton prochain, ni sur son serviteur, sa servante, son boeuf ou son âne, ni sur rien qui appartienne à ton prochain. " (Ex 20,1)

Deuxième texte : La célébration de l'Alliance.

" Le troisième jour, quand vint le matin, il y eut des voix, des éclairs, une nuée pesant sur la montagne et la voix d'un cor puissant. Dans le camp, tout le peuple trembla. Moïse fit sortir le peuple à la rencontre de Dieu hors du camp, et ils se tinrent tout en bas de la montagne. Le mont Sinaï n'était que fumée, parce que le Seigneur était descendu dans le feu." (Ex 19, 16)

" Moïse prit le livre de l'Alliance et en fit la lecture au peuple. Celui-ci dit : Tout ce qu'a dit le Seigneur, nous le mettrons en pratique. Nous l'entendrons. Moïse prit du sang (des animaux immolés pour la célébration) en aspergea le peuple et dit : Voici le sang de l'Alliance que le Seigneur a conclue avec vous sur la base de toutes ces paroles." (Ex 24, 7)

2 - L'INTELLIGENCE

DES

EVENEMENTS

Le rappel de ces textes est important si on veut bien comprendre à la fois l'accomplissement du salut en Jésus Christ, et l'actualisation de ce salut dans l'aujourd'hui de l'Eglise. Dans ces textes, en effet, sont mis en valeur les éléments et les signes qui seront utilisés par Jésus et aussi par l'Eglise pour dire et apporter le salut.

1 - LE SACRIFICE

Dans l'épisode de la première Pâque, c'est le sacrifice d'un agneau qui est au point de départ, comme au printemps, chez les bergers, on marquait en effet le retour de la vie, après l'hiver, par une fête lors de laquelle on tuait un jeune agneau, signe lui aussi, de la vie qui renaît.

2 - LE SANG

Il n'y a pas de sacrifice sans sang répandu, parce que le sang, c'est la vie (expression "verser son sang" c'est-à-dire donner sa vie). Et le sang répandu, dans l'événement de la Pâque, est signe de salut, c'est-à-dire de vie donnée. C'est parce que le sang marque les portes des Hébreux que ceux-ci sont sauvés. C'est également dans l'aspersion du sang que l'Alliance du Sinaï est célébrée.

3 - LE PAIN SANS LEVAIN

Au printemps, chez les cultivateurs des civilisations du Moyen Orient, on jetait l'ancien levain, et avant d'utiliser le levain nouveau, on mangeait du pain sans levain, pour marquer la rupture avec le passé. Ce que saint Paul expliquedans sa lettre aux Corinthiens : " Purifiez-vous du vieux levain. Vous êtes une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain. Célébrons la fête, non pas avec du vieux levain, ni de levain de méchanceté et de perversité, mais avec des pains sans levain, dans la pureté et la vérité." (Co 5, 8)

4 - LE REPAS

Avant de prendre une longue route, il faut manger, prendre des forces ensemble. Le repas pascal est un repas communautaire de départ : " Ce qui resterait le matin, brûlez-le. Mangez ainsi : La ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez à la hâte. C'est la Pâque du Seigneur." ( Ex 12, 10)

5 - L'EAU

C'est parcequ'ils ont passé la mer que les Fils d'Israël furent sauvés : " Israël vit avec quelle main puissante la Seigneur avait agi contre l'Egypte. Le peuple craignit le Seigneur. Il mit sa foi dans le Seigneur et en Moïse son serviteur. Alors, avec les Fils d'Israël, Moïse chanta ce cantique au Seigneur : Ma force et mon chant, c'est le Seigneur. Il a été pour moi le salut. C'est lui mon Dieu. Je le louerai. Le Dieu de mon Père, je l'exalterai." ( Ex 14, 31)

6 - LE FEU

Dans la Bible, comme la nuée (la chekhina) le feu est présence et intervention de Dieu. Ainsi dans le buisson : " L'ange du Seigneur apparut à Moïse dans une flamme de feu, au milieu du buisson. Il regarda : Le buisson était en feu et le buisson n'était pas dévoré." ( Ex 3, 2)

Plus tard, Elie sera enlevé au ciel dans un char de feu : " Tandis qu'ils poursuivaient leur route tout en parlant, voici qu'un char de feu et des chevaux les séparèrent l'un de l'autre. Elie monta au ciel dans la tempête." ( 2 Rois 2, 11)

A travers tous ces signes, ce qui est décrit, c'est la naissance d'un peuple

  • en tant que groupe humain organisé,
  • et en tant que groupe humain visité par le divin.

Avant la Pâque et la Pentecôte, le texte de l'Exode dit des Fils d'Israël : " Tout un ramassis de gens monta avec eux, avec du petit et du gros bétail en lourds troupeaux." ( Ex 12, 38)

Après la Pâque et la Pentecôte, le même livre de l'Exode dit : " Si vous entendez ma voix et gardez mon alliance, vous serez ma part personnelle parmi les nations. Vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte." ( Ex 19, 5)

Le peuple de la servitude est devenu le peuple de l'Alliance, en passant par l'eau, en mangeant l'agneau et le pain et en recevant la vie qui vient du sang versé.

2.


L'ACCOMPLISSEMENT DU SALUT


LA PÂQUE DE JESUS CHRIST


LA NOUVELLE ALLIANCE.

Tout au long de son histoire, le peuple juif a fait mémoire des événements ayant marqué sa fondation : La sortie d'Egypte - le don de la Loi au Sinaï, c'est-à-dire l'instauration de l'Alliance passée entre Dieu et le peuple sous la conduite de Moïse.

C'est pourquoi, chaque année, trois fêtes principales étaient célébrées pour faire mémoire du passé et pour sanctifier le présent, car Dieu a toujours été partie prenante de la vie de son peuple.

  • La première fête est PESSAH, la Pâque, en mars-avril,

  • La seconde est SHAVU'OT, cinquante jours après la Pâque, la Pentecôte en mai-juin,

  • La troisième est YOM KIPPOUR, le Grand Pardon, fin septembre.

Jésus, en juif fidèle, a célébré ces fêtes chaque année et durant sa vie publique avec ses disciples.

Aussi, quand il a voulu - car c'était sa mission - aller plus loin que l'Ancienne Alliance qui concernait seulement Israël, pour créer une Nouvelle Alliance qui, elle, concerne TOUS LES PEUPLES, il a pris en compte les événements de l'Ancienne et les signes qui la constituaient dans l'histoire du pauple juif, pour donner à son projet, à la fois, un aspect CONTINUITE et un aspect DEPASSEMENT, accomplissement.

C'est la raison d'être de la parole de Jésus rapportée par Matthieu : " N'allez pas croire que je sois venu abroger la Loi et les Prophètes. Je ne suis pas venu abroger mais accomplir." ( Mat 5, 17 )

Donc, 2 aspects : un aspect continuité et un aspect accomplissement-dépassement.

1 - L'ASPECT CONTINUITE

Cet aspect, on le trouve en même temps

  • dans le choix des dates,
  • et dans le choix des rites.

Choix des dates :

LA PÂQUE

La première libération, la libération physique, fut marquée par la Pâque. La Nouvelle Libération sera inaugurée, elle aussi, dans la Pâque : " Le premier jour des pains sans levain, les disciples dirent à Jésus : Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ? Il dit : Allez à la ville chez un tel et dites-lui : Le Maître dit : Mon temps est proche. C'est chez toi que je célèbre la Pâque avec mes disciples. Les disciples firent comme Jésus le leur avait prescrit et ils préparèrents la Pâque." ( Mat 26, 17)

LA PENTECÔTE

" Quand le jour de la Pentecôte (juive) arriva, les disciples se trouvaient réunis tous ensemble. Tout à coup, il y eut un bruit qui venait du ciel, comme le souffle d'un violent coup de vent." ( Act 2, 1)

Ainsi, c'est au cours de la Pâque et de la Pentecôte juives que naissent la Pâque et la Pentecôte chrétiennes.

Choix des rites :

LA PÂQUE

Pour la Pâque juive : sacrifice - sang lié à ce sacrifice et repas.

Pour la Pâque de Jésus : sacrifice - sang - repas : C'est au cours d'un repas que tout est dévoilé.

LA PENTECÔTE

Vent :

Le souffle du vent comme à la création. " Le souffle du vent planait à la surface des eaux." ( Gen 1, 2).

" Il y eut un bruit qui venait du ciel, comme le souffle d'un violent coup de VENT. La maison où ils se trouvaient en fut toute remplie." ( Act 2, 2)

Feu :

Au Sinaï : " Il y eut des voix, des éclairs, une nuée pesant sur la montagne." (Ex 19, 10)

Pour les Apôtres : " Alors leur apparurent des langues de feu qui se partageaient. Il s'en posa sur chacun d'eux." ( Act 2, 3)

Jésus a voulu ainsi l'aspect continuité, pour bien montrer que c'est la même histoire qui continue, l'histoire déjà ancienne des relations entre Dieu et les hommes.

2. L'ASPECT DEPASSEMENT

Cet aspect, on va le retrouver à la fois dans les vévénements et dans les gestes.

DANS LES EVENEMENTS

Ces événements sont différents puisque ces événements sont la mort et la résurrection de Jésus lui-même. C'est ce qu'explique Paul aux Corinthiens. " Je vous rappelle, frères, l'Evangile que je vous ai annoncé et que vous avez reçu. Je vous ai transmis en premier lieu ce que j'avais reçu moi-même. Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures. Il a été enseveli. Il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. Il est apparu à Pierre, puis aux douze. Ensuite, il est apparu à plus de 500 frères à la fois. La plupart sont encore vivants et quelques-uns sont morts. Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Ensuite, il m'est apparu à moi, comme à l'avorton." ( 1 Co 15, 1)

DANS LES GESTES

Les gestes retenus sont :

Le sacrifice et le sang.

Ce n'est plus un agneau qui est sacrifié, mais c'est Jésus lui-même qui s'offre en sacrifice et qui verse son sang, d'où son titre d'Agneau de Dieu. " Ceci est mon corps livré pour vous. Cette coupe est la Nouvelle Alliance en mon sang versé pour vous." ( Lc 22, 19)

Le repas

" Quand ce fut l'heure, il se mit à table et les Apôtres avec lui, et il leur dit : J'ai tellement désiré manger cette Pâque avec vous, car je vous le déclare : Jamais plus je ne la mangerai jusqu'à ce qu'elle s'accomplisse dans le Royaume de Dieu." ( Lc 22, 14)

Il y a toujours le repas, comme dans l'Ancienne Alliance, mais le repas est constitué non plus par un agneau que l'on mange avec du pain sans levain. Le pain est constitué par la chair de Jésus lui-même devenu l'Agneau Pascal, et dont le signe est le pain et le vin que l'on partage, ainsi qu'il l'avait annoncé : " Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mange ce pain vivra pour l'éternité. Et le pain que je donnerai, c'est ma chair donnée pour que le monde vive." ( Jn 6, 51)

Le souffle, le feu et l'eau

L'Esprit est donné, comme autrefois dans l'eau, le vent et le feu, mais il ne s'agit plus d'un don au peuple d'Israël. Il s'agit d'une Alliance avec toute l'humanité. " Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, en leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit." ( Mat 28, 19)

Le pardon des péchés

Dans la Nouvelle Alliance, c'est tous les jours Yom Kippour : " Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils seront retenus, a dit Jésus en leur donnant l'Esprit Saint." ( Jn 20, 23)

La Nouvelle Alliance a pour objectif, non plus la libération d'un peuple, mais la libération du mal qui blesse tous les hommes. " Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance versé pour la multitude, pour la rémission des péchés." ( Mat 26, 27)

Peut-on mesurer vraiment tous les aspects de la Nouvelle Alliance en Jésus Christ, si on ne s'appuie pas constamment sur la Bible tout entière ? Comme l'a écrit le Pape Benoît XVI dans son livre "Jésus de Nazareth", "Les paroles transmises par la Bible deviennent Ecritures par un processus de perpétuelles relectures . . . Celui qui part de Jésus Christ pour observer ce processus, peut discerner qu'il existe une direction dans cet ensemble, que l'Ancien et le Nouveau Testament ne peuvent être dissociés." ( page 14)

3.

L'ACTUALISATION

OU

L'AUJOURD'HUI DU SALUT

DANS

L'EGLISE DE JESUS CHRIST.

Depuis Jésus Christ, nous sommes dans la Nouvelle Alliance. Mais Jésus Christ, corporellement, a quitté cette terre. Pourtant, il est toujours avec nous pour que nous vivions dans l'Alliance qu'il a inaugurée et ses dernières paroles, selon saint Matthieu, ne sont-elles pas : " Et moi, je suis avec vous, tous les jours jusqu'à la fin du monde." (Mat 28, 20)

Alors, comment est-il avec nous ? Comme il l'avait annoncé, il vit avec nous par son Esprit. " Je vous ai dit la vérité. C'est votre avantage que je m'en aille. Si je ne pars pas, l'Esprit ne viendra pas à vous. Si, au contraire,; je pars, je vous l'enverrai." ( Jn 16, 7)

L'Eglise, continuatrice de Jésus Christ, qui a pour fondement Jésus Christ, est habitée par l'Esprit de Jésus Christ, et c'est lui qui est à l'oeuvre quotidiennement pour que tous les hommes vivent dans la Nouvelle Alliance, et continuent leur histoire avec Dieu.

Or, sur quoi Jésus a-t-il fondé cette Alliance ? Il l'a fondée dans sa mort et sa résurrection. Par conséquent, tout ce que l'Eglise va instituer, avec l'aide de l'Esprit Saint, pour apporter aux hommes de tous les temps et de tous les continents, va obligatoirement prendre sa source dans la mort et la résurrection de Jésus Christ.

Or, qu'est-ce que l'Eglise a institué pour faire ainsi parvenir le Salut ? Elle a institué les Sacrements.

Les Sacrements sont le chemin qui nous conduit, nous, hommes du 21ème siècle à l'Alliance avec Dieu. Les Sacrements sont les moments actuels d'une histoire commencée avec Moïse sur les routes de l'Exode, continuée par le peuple d'Israël au long de son histoire, menée à son accomplissement par Jésus Christ, Fils de Dieu, dans son sang, et accordée à tous les croyants dans l'Eglise par le moyen des sacrements.

Deux parties à notre réflexion :

  • Institution des Sacrements,
  • Signification des Sacrements.

1 - INSTITUTION DES SACREMENTS

C'est l'Eglise, forte de certaines paroles et de certains gestes de Jésus, qui a institué les Sacrements tels qu'ils existent aujourd'hui.

" Allez donc. De toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit." ( Mat 28, 19) De ces paroles est né le BAPTÊME chrétien.

" Ceci est mon corps livré pour vous. Faites cela en mémoire de moi." ( Lc 21, 19) De cette parole est née l'EUCHARISTIE.

" Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez leurs péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus." ( Jn 20, 22) De ce texte, entre autres, est né le Sacrement de RECONCILIATION.

" Lorsqu'il viendra, l'Esprit de vérité, il vous fera accéder à la Vérité tout entière." ( Jn 26, 13) De ce texte, tiré du discours après la Cène, mais aussi de toutes les manifestations de l'Esprit, rapportées par les Actes des Apôtres, est né le Sacrement de CONFIRMATION.

" Il guérit de nombreux malades, souffrant de maux de toutes sortes et il chassa de nombreux démons." ( Mc 1, 14) De l'action de Jésus en faveur de la souffrance humaine est née l'idée de privilégier l'action de l'Eglise en faveur de la souffrance dans le SACREMENT DES MALADES.

" Il monte dans la montagne et il appelle ceux qu'il voulait. Ils vinrent à lui et il en établit douze pour être avec lui et pour les envoyer précher." ( Mc 3, 13) De la totalité de ce compagnonnage de Jésus avec ses disciples, compagnonnage qui constitue leur investiture, est né l'appel de l'Eglise au sacerdoce, qui se manifeste dans le Sacrement de l'ORDRE.

" L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et les deux ne feront qu'une seule chair . . . Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni." ( Mth 19, 5) Cette phrase est d'abord une citation du livre de la Genèse et donc de l'Ancienne Alliance ( Gen 2, 24). Jésus l'a reprise à son compte et l'Eglise s'est appuyée sur ce etxte ainsi que sur la lettre de Paul aux Ephésiens ( 5, 21) pour instituer le Sacrement du MARIAGE.

Jésus a dit bien d'autres paroles qui auraient pu servir de fondement à d'autres sacrements, par exemple le lavement des pieds où Jésus dit : " Ce que j'ai fait pour vous, faites-le vous aussi." ( Jn 13, 15) Mais l'Eglise, finalement, en a retenu sept, qui sont les Sacrements actuels.

2 - SIGNIFICATION ET EFFICACITE DES SACREMENTS

L'important à retenir : La grâce des Sacrements n'a pas sa source vitale dans ces différentes parioles de Jésus. Elle a sa source dans sa mort et sa résurrection.

Les paroles de Jésus sont, sous l'action de l'Esprit Saint, des guides pour l'Eglise en vue de leur institution. Mais seule la mort et la résurrection de Jésus Christ sont à l'origine de la Nouvelle Alliance, et apportent le Salut.

La conséquence c'est que les chrétiens, s'ils veulent vraiment entrer dans la grâce de chaque sacrement, doivent entrer eux aussi dans une démarche de mort et de résurrection.

Ainsi dans le BAPTEME, qui est le premier des sacrements reçu. Le baptême, par l'utilisation de l'eau, est vraiment signe du mystère du salut. L'eau est en effet signe de mort et de vie à la fois. Signe de mort dans de nombreuses catastrophes naturelles. Signe de vie dans le développement des plantes, des animaux et des hommes.

Etre baptisé, c'est entrer dans le mystère de mort et de vie, dans la mort et la résurrection de Jésus Christ. C'est vouloir vivre une démarche intérieure qui consiste à faire mourir en soi le péché pour renaître à l'ESPRIT.

Dans l'EUCHARISTIE, la démarche est encore plus évidente. Quand Jésus dit : Voici mon corps livré pour vous. Voici mon sang versé pour la multitude. Faites ceci en mémoire de moi, il veut dire avant tout : Comme moi, livrez vous aussi votre corps et versez votre sang. Autrement dit : mourez à ce qui est mal en vous et vivez la vie que je vous offre. Autrement dit : Recevez le corps du Christ et devenez le corps du Christ.

La CONFIRMATION, elle, est un sacrement prolongement du baptême. C'est une confirmation de don de Dieu, et comme le baptême est sacrement de la foi, dans la confirmation c'est la foi qui est confimée, réaffirmée solennellement. De plus, puisque le baptême est également signe d'appartenance au peuple de Dieu, l'Eglise, c'est aussi cette appartenance et la mission qui en découle qui est confirmée. C'est la mort et la résurrection de Jésus qui est mieux affirmée et que l'on prend la responsabilité d'annoncer.

Pour la rémission des péchés, comme dit l'Evangile, ou le sacrement de RECONCILIATION, comme dit l'Eglise aujourd'hui, la nécessité d'entrer dans une démarche de pardon, dans une démarche de mort et de résurrection est annoncée depuis le premier jour de l'Eglise. " Que faut-il faire ? demandait Pierre à ses auditeurs. Pierre leur répondit : Que chacun de vous reçoive le baptême au nom de Jésus Christ pour le pardon des péchés et vous recevrez le don du Saint Esprit". ( Act 2, 37)

Ceux qui reçoivent le SACREMENT DES MALADES vivent déjà une situation difficile : vieillesse, maladie, dépression, etc . . . Le sacrement des malades incite ceux qui le reçoivent à dépasser la situation vécue en puisant dans le mystère de souffrance et de vie ressuscitée de Jésus Christ.

Les sacrements de l'ORDRE et du MARIAGE, qui sont des sacrements de choix de vie, font appel, l'un comme l'aute au mystère pascal de mort et de résurrection, puiqu'ils signent, tous les deux, de l'amour du Christ pour son Eglise et de l'amour de l'Eglise pour son Christ. Aux uns comme aux autres est donnée une mission : la mission de transmettre la foi en Jésus mort et ressuscité.

C'est ainsi que les sacrements nous font entrer par de multiples chemins dans la Nouvelle Alliance voulue et inaugurée par Jésus, le Fils de Dieu.

CONCLUSION

Durant ces six réunions qui se terminent, nous avons vécu une étonnante histoire.

Car, dans la Bible, c'est bien d'abord d'une histoire qu'il s'agit. D'une histoire avec ses avancées et ses reculs, ses richesses et ses pauvretés . . . comme toute histoire humaine.

Mais ce qui est étonnant c'est que cette histoire est aussi une histoire avec Dieu, avec Dieu qui s'est investi dans la vie des hommes depuis le début de l'humanité. C'est pourquoi, pour les périodes les plus anciennes de l'existence des hommes, les écrivains de la Bible - sous l'inspiration de l'Esprit Saint - ont absolument tenu à tout rapporter en termes d'histoire, même s'ils n'avaient pas de documents où puiser.

C'est pourquoi, également, même après Jésus Christ, cette même histoire entre Dieu et les hommes continue chaque jour, la Parole de Dieu et les sacrements étant les supports et le moteur de cette histoire, comme l'Eglise est le rassemblement toujours actuel des acteurs de l'histoire entre Dieu et les hommes.

Or, nous ne saurions rien de cette histoire, si la Bible n'existait pas. Non seulement, elle nous permet de nous replonger dans le passé de Dieu avec les hommes, mais elle éclaire et anime notre présent avec lui.

Merci, la Bible !

jeudi 17 avril 2008

20 avril - 5ème DIMANCHE DE PÂQUES

Première Lecture : Livre des Actes des Apôtres. ( Ac 6, 1-7 )

Deuxième Lecture : Première Lettre de saint Pierre Apôtre. ( 1 P 2, 4-9 )

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean. ( Jn 14, 1-12 )

____________________

Homélie du Père Alain REBOUR.

___________________

Tous ces dimanches du Temps Pascal, nous sommes invités par les textes à approfondir l'un ou l'autre des aspects de notre CROIRE, laissant aux dimanches du Temps Ordinaire le soin de s'intéresser davantage aux aspects de notre VIVRE.

Aujourd'hui, ce sont deux aspects importants de notre croire qui sont soulignés: l'un concerne nos relations avec Jésus Christ, et l'autre nos relations dans l'Eglise.

* * * * *

NOS RELATIONS AVEC JESUS CHRIST

" La pierre éliminée par les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle" dit saint Pierre en parlant de Jésus. " Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi " dit le Christ lui-même dans l'Evangile d'aujourd'hui.

Le bon choix, c'est de croire en Jésus Christ, Fils de Dieu, mort et ressuscité. Le mauvais choix, c'est refuser de croire en lui, c'est-à-dire de mettre notre confiance en lui.

C'est essentiel parce que la foi est avant tout une histoire avec Dieu, et non pas d'abord l'adhésion à des valeurs. Celles-ci sont les conséquences de notre histoire avec Dieu. C'est parce que j'ai des relations personnelles avec le Seigneur que je suis d'accord avec ce qu'il enseigne et que je m'efforce de vivre comme lui.

Le choix fait par des hommes et des femmes dans les abbayes, les monastères et les couvents ne peut s'expliquer que dans cette perspective. Le choix fait par les chrétiens et les chrétiennes de témoigner au sein de la société humaine ne peut s'expliquer, lui aussi, que dans cette perspective.

A l'inverse, un bon nombre de défections de baptisés trouve son explication dans l'absence de relations personnelles avec le Seigneur. On n'a jamais eu ou bien on n'a plus de véritable histoire avec lui. Sans doute a-t-on arrêté de prier. Les textes de l'Evangile insistent sur ce point : " Croyez en moi ... Vous prendre avec moi ...Sans passer par moi ...Le Père est en moi ...qui demeure en moi ...". Huit fois, le mot "moi" revient dans le texte de saint Jean.

Dieu est insaisissable, Il est tout autre. On ne peut le nommer totalement ni le décrire avec précision. Aussi Dieu s'est-il fait homme en Jésus Christ pour que nous puissions franchir cet obstacle. Nous avons en lui une image du Père. Par lui nous savons quelque chose de Dieu. " Celui qui m'a vu a vu le Père" dit Jésus à Philippe.

* * * * *

LES RELATIONS DES CHRETIENS EN L'EGLISE

Elles découlent de nos relations avec Jésus Christ. L'Eglise est, en effet, animée par son esprit. Les deux premières lectures d'aujourd'hui nous interpellelent justement sur la communauté écclésiale.

La lettre de Pierre s'attache à rappeler ce que Dieu a fait pour cette Eglise dont Jésus Christ est le fondement : " Vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu."

Les Actes de Apôtres, à la première lecture, ne cachent rien, au contraire, de la difficulté à vivre cette réalité. Le conflit entre frères de langue grecque et frères de langue hébraïque rapporté à la première lecture est significatif des problèmes permanents qui freinent la croissance de l'Eglise.

En réalité, dans la primitive Eglise, le problème de la langue n'était pas le problème principal. C'était une question plus fondamentale qui surgissait essentiellement. Les uns étaient plus favorables à des communautés de croyants vivant entre eux, et tournés vers l'intérieur. Les autres étaient plus favorables à des communautés tendues vers les incroyants et attentives à tous, donc tournées vers l'extérieur.

La question posée est en fait la suivante et elle nous concerne directement aujourd'hui :

Qu'est-ce que la fidélité à Jésus Christ dans l'Eglise ?

Est-ce d'abord la fidélité aux habitudes reçues, et qui ont d'ailleurs leur importance, ou d'abord la fidélité à la mission donnée par Jésus Christ : " Allez, de toutes les nations faites des disciples."

L'Eglise regroupe en son sein d'énormes diversités qui risquent toujours d'engendrer des divisions. On l'a vu tout au long des siècles et on le voit encore aujourd'hui, il faut sans cesse vaincre les clivages qui marquent les individus et les sociétés.

* * * * *

Pour les surmonter un seul chemin : Ecouter la Parole de Dieu dans l'Ecriture.

ECOUTER L'EGLISE DEPOSITAIRE DE CETTE PAROLE

ET

S'ECOUTER LES UNS LES AUTRES.

Hélas ! Il n'est pas facile d'écouter et de s'écouter, dans ce monde qui croit tout savoir et qui aime tant le bruit.

jeudi 10 avril 2008

13 AVRIL - 4ème DIMANCHE DE PÂQUES;

Première Lecture : Livre des Actes de Apôtres. ( Ac 2, 14a.36-41 )

Deuxième Lecture : Première Lettre de saint Pierre Apôtre. ( 1 P 2, 20-25 )



Evangile de Jésus Christ selon saint Jean. ( Jn 10, 1.10 )

____________________

Homelie du Père Alain REBOUR.

____________________

L'Evangile est souvent plein de contradictions, mais de contradictions apparentes seulement. Et cela, parce que la vérité n'est jamais simple. Ce n'est pas forcément ceci ou cela, mais c'est souvent ceci et cela.

Ainsi, Jésus est Dieu et il est homme. Il est d'Israël et de toute la terre. Il meurt et il ressuscite. Il est du premier siècle et de tous les siècles.
L'Evangile de la messe, aujourd'hui, nous livre justement un de ces textes sur lesquels il faut porter des regards différents mais tous nécessaires, car il est rempli de paradoxes.

* * * * *

1er paradoxe : Jésus est berger, mais il est aussi agneau.

En temps que berger, il veille sur ses brebiset il donne la nourriture à son troupeau. Par là, il se positionne en tant que Fils de Dieu. Dans la Bible, le vrai berger c'est Dieu. Nous l'avons chanté au psaume, il y a quelques instants : " Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer."

Mais, s'il donne la nourriture à son troupeau, il est en même temps nourriture pour ce troupeau : " Je suis le pain descendu du ciel. Qui mange de ce pain vivra pour toujours." C'est son corps qui donne la vie.

2ème paradoxe : Il ouvre la porte pour que passent les brebis, mais il est également lui-même la porte des brebis.

" Il ouvre la porte parce qu'il est le pasteur. Il fait entrer et sortir les brebis." Autrement dit, Extérieur à son troupeau, il est celui qui guide et le protège.

Mais, en même temps, il dit qu'il est la porte. " Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé." Autrement dit, Intérieur à son troupeau, il est pour lui source de vie, par son Esprit qui habite en tous.

3ème paradoxe : Il est responsable de tout le troupeau et ami de chaque membre du troupeau.

Il est responsable de tout le troupeau, et, en tant que tel, son action est collective. Ses décisions ont un caractère général.

Mais il s'occupe aussi de chaque membre du troupeau, et, en conséquence, son amour accompagne chacun. Personne n'est anonyme. Il a une attention particulière pour chacun. Paradoxes, regards différents, proclamions qui peuvent paraître contradictoires.

* * * * *

Que veut nous dire réellement ce texte d'Evangile ?

Il nous invite en fait à une conversion de nous-mêmes, et cela de trois manières :

1. Etre berger et agneau à la fois.

Jésus fut berger, parce que Fils de Dieu et, en tant que tel, il est le tout autre, la différence.

Mais Jésus est agneau parce que Fils d'homme, et, en tant que tel, il est le tout proche, la ressemblance.

C'est tout le mystère de l'Incarnation qui est ainsi évoqué, mais aussi notre propre identité. Chaque chrétien, en effet, doit être dans le monde à la fois le tout proche de ses frères, vivant avec eux dans la même société, et le tout autre que ses frères, celui qui, par ses convictions, ses paroles, ses gestes et ses engagements, interpelle ses contemporains et les appelle à vivre autrement.

2. Etre ouvreur de porte et porte en même temps.

Ouvreur de porte, c'est-à-dire, comme Jésus appelant à la liberté, à l'invention, à l'initiative, au dynamisme, à un regard neuf. Mais, comme porte, marquant le passage à prendre, la porte étroite dont parle Jésus, c'est-à-dire, la porte pascale, celle qui fait passer par la mort et la résurrection, celle qui oblige à faire des choix, tout le contraire du laisser-faire.

3.Etre troupeau et cependant une personne.

Troupeau, c'est-à-dire solidaire des autres, attentif aux décisions collectives à prendre, soucieux du bien de toute l'humanité. Mais attentionné à chaque destinée, fraternel des plus fragiles, accueillant quant aux différentes manières de croire et de se comporter. L'unité, pour être vraie, doit être conjugaison de diversités.

Ce texte d'Evangile nous livre, en fait, deux choses :

Une clé de lecture du mystère de Jésus Christ et du mystère de l'Eglise

Une clé de conduite pour le quotidien de la vie.

D'un côté, il nous aide à comprendre le dessein de Dieu sur le monde.

D'un autre côté, il nous aide à répondre à l'appel que Dieu adresse à chacun en particulier et à tous en tant que peuple.

Ce que l'Apôtre Pierre résume à sa manière à la seconde lecture : " Dans son corps, il a porté nos péchés, afin que nous puissions mourir à nos péchés et à vivre dans la justice."

" Il a porté nos péchés" : Clé de lecture.

" Pour que nous puissions mourir à nos péchés" : Clé de conduite.

UN CHRETIEN N'A PAS LE DROIT

DE PERDRE SES

CLES.